Marc-Olivier Lamaro 2
Sur notre très chère éducation nationale...
W : Vous avez raison, nous n’aurons pas le temps de revenir sur tous les points. C’est très intéressant ce que vous venez de dire, mais je voudrais quand même revenir sur une ou deux choses. Vous parlez des coûts qui seront pris en compte par différente réformes comme celle du code du travail, ne pensez vous pas qu’il faudrait mieux sortir d’un système où on donne d’une main pour reprendre de l’autre et juste mettre en place une taxe unique comme la TVA à 20% pour tout le monde (AL propose aussi un impôt unique), ce qui serait plus juste car par définition les riches achètent plus de choses et donc paieront dans ce système plus de taxes. Ainsi, sans bouclier social, tout un chacun pourra profiter de son argent et faire ce qu’il veut avec son argent.
MOL : Vous avez raison, par rapport au coût la situation est simple. Elle nous ramène à la question des responsabilités individuelles. Aujourd’hui si on prend le cas de l’éducation nationale, on est dans le cas d’un mammouth qui fait du sur place et qui ne propose pas aux jeunes de notre pays une véritable alternative ni de véritables moyens de s’envoler. Le problème de l’éducation nationale se situe sur différents plans. Le premier plan est celui de l’enseignement secondaire. Le second serait l’enseignement supérieur et jouxté à cela serait la recherche. Quand on prend le cas de l’enseignement secondaire, qu’observe-t-on ? Non d’ailleurs ne parlons pas de ce qu’on observe mais de ce que nous nous proposons à AL. Nous proposons par exemple la suppression de la carte scolaire, et en même temps la liberté donnée aux familles de choisir l’école de leurs enfants. Comment peut on imaginer dans un pays comme le notre que l’on soit naturellement favorisé pour aller dans un lycée, une grande école ou un espace d’enseignement très favorable, parce que géographiquement on habite dans une zone privilégiée ? Un jeune d’une banlieue défavorisée de 10-12 ans qui choisi son entrée en 6ème, doit pouvoir choisir son école et à partir de là…
W : l’école doit pouvoir le choisir aussi en fonction de son niveau !
MOL : Alors l’école doit pouvoir le choisir aussi en fonction de son niveau et c’est justement ce que nous proposons parce que la suppression de la carte scolaire voudra ire que si la famille décide d’envoyer don enfant dans une école bien précise, l’école sera elle-même libre de choisir tel ou tel enfant non pas parce qu’il a une facilité géographique, mais parce qu’il a tel ou tel niveau qui pourrait renforcer le niveau général de l’ensemble de l’école.
W : Tant qu’on est sur l’EN on va rester sur l’EN. Est-ce que vous pensez, comme moi par exemple, qu’il faut privatiser absolument tout le système de l’EN ? Donc les meilleurs profs seront gardés par les lycées et les mauvais retournerons… je ne sais pas… faire ce qu’ils seraient capables de faire donc a priori pas grand chose… Au-delà de simplement supprimer la carte scolaire, êtes vous pour une telle mesure ?
MOL : Ce que vous dites va en droite ligne avec une seconde mesure. On a mis 50 ans a construire une certaine mentalité qui est aujourd’hui bien ancrée et on est bien d’accord que ce n’est pas en une législature qu’on arrivera à la faire changer. Mais si les français donne mandat à AL, on va commencer par la modifier cette mentalité par la changer, et si ce n’est privatiser directement l’ensemble des écoles ce qu’on voudrait faire c’est leur proposer une plus grande autonomie. Ce qu’il faut c’est que l’ensemble des écoles de l’enseignement secondaire aient une autonomie dans leurs actions et dans leur gestion. Ca ne veut pas forcément dire privatiser. Mais il faudrait de toutes façons coroller cette mesure à une mesure de décentralisation pour que les collectivités locales aient véritablement la gestion des budgets des différentes écoles de leur région ou de leur département. Alors comment ça pourrait se faire ? De façon très simple, une école qui a de l’autonomie qu’est-ce que c’est ? Il faudrait qu’un haut conseil à l’enseignement puisse définir un cahier des charges, et qu’à partir du moment où ce cahier des charges sera respecté en lui-même, que l’école ait la liberté et l’autorisation naturelle de développer un projet d’école avec un renforcement de certaines disciplines que l’école choisirait elle-même pour offrir à l’ensemble des jeunes de ce pays des opportunités qui correspondent à leur choix de carrière, et dans ce cas on aurait une université et un niveau d’excellence qui s’améliorerait. Autre chose encore, l’école devrait avoir la possibilité de créer des partenariats avec des entreprises, pour qu’enfin, comme c’est déjà le cas dans les grandes écoles ou à l’étranger, les entreprises qui elles ont des besoins bien spécifiques puissent s’appuyer sur un enseignement donné à l’élève.
W :Toujours sur l’EN, a priori vous êtes d’accord pour dire qu’il faut supprimer le collège unique et le système qui permet à 80% d’une classe d’âge d’avoir le bac ?
MOL : Absolument, on le voit bien aujourd’hui, on essaie de pousser à ce que les élèves aient le bac, on le fait au travers soit disant une meilleure égalité des chances mais on ne fait que renforcer l’inégalité. Pourquoi ? Parce qu’ à partir du moment ou on a son bac vers 17-18 ans on rentre dans l’enseignement supérieur, et là on arrive dans le deuxième volet de l’éducation dont je parlais, l’enseignement supérieur. Qu’est-ce que c’est ? C’est 84 universités, 35000 maîtres de conférences, 17000 professeurs d’université, qui ne sont ni sanctionnés quand il le faut, ni honorer quand il le faut aussi, et qui finalement ne sont entendus nulle part. Et les talents qui existent au sein des universités, que ce soient ceux des enseignants ou ceux des enseignants chercheurs ne sont reconnus nulle part. Aujourd’hui sur 250 diplômes environ vous sortez de l’université sans être sur de trouver un emploi. Si vous n’avez pas fait vente ou informatique vous avez peu de chances en sortant de l’université de trouver un premier emploi. Quand on est dans un système ou l’enseignement secondaire est inégalitaire, l’enseignement supérieur, en faisant croire qu’on fait la part belle aux jeunes parce qu’on leur offre la possibilité de passer dans l’enseignement supérieur en leur donnant gratuitement le bac, n’est pas plus égalitaire. Et au final lors de la recherche d’un premier emploi on se rend compte bien évidemment que le chômage de masse est avant tout un chômage de jeunes.
W : Une dernière chose sur l’EN, bien entendu il faut supprimer les IUFM.
MOL : Cest bien évident.
Woland
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samedi 8 juillet 2006 à 11:52 | #648
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